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Baaziz ''cafe de l'indépendance'' (argelia, 2004)

23/01/2011 13:49 0 Comentarios Lectura: ( palabras)

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BAAZIZ 

''CAFE DE L'INDÉPENDANCE'' 

(ARGELIA, 2004)  @

Précisions avant d'aller plus loin : Baaziz étant un chanteur qui n'aime pas le Raï et qui le dénigre haut et fort à qui veut l'entendre, j'ai eu beaucoup de mal à me décider à parler de lui d'autant que je n'aime pas du tout son style de musique. Mais derrière toutes ces petites "chichiteries" il y a l'homme engagé, l'Algérien qui se bât pour le droit à la liberté d'expression dans son pays. Et puis Zinou de Constantine m'a convaincu d'en parler même s'il n'aime pas son style non plus. Comme il dit : on peut aimer le poulet et pas sa graisse.

Baaziz

Vivant depuis quelques années déjà entre Paris et Cherchell à une bonne centaine de kms d' Alger, Baaziz est un jeune chanteur un peu à part dans le paysage artistique algérien, ayant une certaine préférence pour le genre country entre autre. Issu d'une famille d'artistes (son père était musicien chaabi et son frère artiste-peintre), Baaziz a un style personnel alliant harmonieusement le chaabi et la folk song.

Mais c'est au niveau des paroles de ces chansons qu'il est remarquable et surtout courageux : il est l'un des chantres de la "protest song" algérienne, c'est ce que l'on appelle ici un " m'roufez " (du mot français "refuser"), un rebelle.

On peut dire qu'avec son franc parler, il est le chouchou des algériens !

A l'issue de concerts ou de galas, on peut entendre des phrases telle que :

" ...nous savons très bien que ton hymne " Malgré tout Bladi Nebghik "

n'était destiné à personne d'autre qu'au « vrai » peuple algérien..."

Sa première chanson remonte à 1989 " ya Hasrah kikount Esseghir " inspirée da la chanson du même titre de Rachid Ksentini. Baaziz, surnommé le Bob Dylan Algérien, a sorti plusieurs cassettes et CD et s'est produit plusieurs fois à l'étranger et notamment en France, Belgique, Suisse, Allemagne et Cuba. reprises en choeur avec bonheur par ses jeunes supporters qui se reconnaissent tout à fait dans ces paroles.

Il est connu aussi pour avoir repris en arabe dialectal des chansons du chanteur français Renaud. Une de ses chansons qui a eu beaucoup de succès pour sa musique ( "Hexagone" de Renaud) et pour les paroles à la limite subversives " Enneya liyoum je m'en fous "(Moi aujourd'hui je m'en fout)

imageIl est l'initiateur du fameux "Algérie mon amour" qui a eu un succés retentissant, chanté en groupe par la plupart des chanteurs algériens vivant en France. Ce n'est pas une chanson patriotique bête et méchante mais plutôt une déclaration d'amour qui n'oublie pas d'écorcher au passage le ou les pouvoirs en Algérie "... malgré wech derou fik... (malgré ce qu'ils t'on fait).

Pour l'anecdote, le président Bouteflika a envoyé des messages de félicitations à tous les artistes qui ont participé au clip de " Algérie, mon amour " sauf à Baâziz, chanteur et auteur de la chanson. Comment parler de Baaziz sans évoquer son tube qui ne lui a pas attiré que des amitiés : "les Généraux " qui a été écrite à l'époque du président Zeroual et qui, parait il, le désignerait. Bouteflika n'est pas en reste puisqu'aux dernières nouvelles, il a eu droit lui aussi à un pamphlet Baazizien. Enfin Baaziz a une prédilection pour les reprises et ça ne se fait jamais sans grincements de dents surtout quand il reprend le célébrissime et quasi sacré titre de chaabi "sabhan allah ya lattif " sur une musique et un tempo tout à fait moderne et léger (ceux qui connaissent l'intransigeance des puristes en matière de chaabi, comprennent l'insolence de l'acte!).

Baaziz n'aime pas être manipulé

Son dernier coup d'éclat a eu lieu, le 14 Juillet 2000, à la télévision algérienne lors d'une émission de variétés en direct où on l'avait sommer de ne pas chanter "les généraux" ! Et bien sûr, il a chanté sa chanson, accompagné par les applaudissements des invités, au grand dam des responsables qui faisaient des gesticulations

derrière les caméras !!! Une chanson denonçant les généraux algériens ("Waili waili"), interdite d'antenne et censurée sur une émission diffusée simultanément sur ENTV et Canal Algérie. Baaziz dit avoir été ensuite menacé ainsi que sa famille, par "des personnes bien placées à l'ENTV", après que de présumés membres des services de sécurité soient venus récupérer à la télévision la cassette de l'enregistrement. Le directeur de la télévision, l'ancien ministre de la Communication Hamraoui Habib Chawki, a fait stopper la tournée de Baaziz.

imageDésormais carrément interdit d'antenne publique, à " l'unique " (la télé algérienne, comme on dit) ainsi qu'à la radio et des organisateurs de concerts auraient, selon "El Watan", reçu des instructions pour ne plus le programmer).

Más sobre

Voici quelques paroles de la chanson :

Quand j'entends ce général, je ris sans pitié...

Mêlé aux affaires, il est devenu personnalité...

Il a le pouvoir, l'argent et la double nationalité...

Il humilie les hommes...

Et même dans la mort, il trouve son compte...

On a le président, la démission ou la mort...

Chaque semaine, il y a un vote...

Le plus décevant, c'est qu'il a forcément été éjecté de la tournée

"Jeel Music Live" qui se déroulait du 5 au 21 juillet 2000 à travers le pays...

Tournée organisée par Sid Ahmed Guenaoui qui précisa lors d'une conférence de presse :

" Baâziz est un ami de longue date. Il a donné beaucoup de lui-même dans cette tournée. A la suite du différend (censure) l'opposant à la direction de l'ENTV, nous avons reçu des instructions nous signifiant que Baâziz n'était pas le bienvenu à Oran (persona non grata) et ce, de la part de la direction de l'ENTV. C'était soit le passage «forcé» de Baâziz soit le maintien de la tournée. Et nous avons appliqué.» A quoi bon se heurter à un système ? C'est une décision étatique, de la houkouma. On était scandalisé, et on essaye de combattre le système différemment . "

On peut le dire, Baaziz a été lâché lamentablement par ses confrères artistes et Sid Ahmed, le kid de Mostaganem, a fait un sacré pas en arrière au détriment de l'évolution culturelle algérienne. Il pouvait ensuite se gausser du succès de la tournée :

" c'est une belle aventure qu'on a menée jusqu'au bout ".

Baaziz rejoint donc Ahmed Saber, chanteur oranais censuré jusqu'à sa mort pour son immortel

Idji nharek ya el khaïne (viendra ton jour ô traître),

le groupe Debza, Maatoub Lounès et de jeunes rappers, MBS, Hama Boys, Intik et autres (ces groupes sont aussi censurés par El Bahdja).

Voilà quelques réponses de Baaziz lors d'une interview au "Soir d'Algérie"

Je suis parti en France après que mes galas aient été annulés pour des raisons obscures.

imageIl y a eu d'abord le gala de Timgad qui a été annulé, sans raison valable, en dernière minute. Pour la tournée de Boumerdès, c'est le chef de cabinet du wali qui l'a annulée. Celles de Tizi-Ouzou et d'Annaba, elles demeurent mystérieuses. Même au Casif, je devais être programmé, mais mon nom ne figurait pas sur les affiches, alors que j'avais signé un contrat. Je ne pense pas que je devrais passer sur scène comme un clandestin. Je ne suis ni un terroriste ni un repenti. Je peux vous dire une chose : toute cette situation n'est pas le fait des hauts responsables mais celui de petits subalternes qui veulent plaire à leurs chefs hiérarchiques. Eh oui ! Ce sont ces petits chefs de cabinet de wali ou de sûreté de wilaya. Je suis actuellement un chanteur censuré à 100%. Je suis déçu par mon séjour actuel en Algérie. Heureusement que j'ai eu un réconfort de la part d'un de mes amis et de beaucoup d'admirateurs, je les remercie profondément. Je n'oublie pas de féliciter la presse indépendante algérienne. Une nouvelle cassette sortira bientôt sur le marché, chez l'édition Sono Star. Elle est inspirée par toutes les péripéties que j'ai vécues dernièrement. Cette cassette est intitulée "Coyote" ou "Baâziz anti-coyote".

Le Soir : Pour conclure?

Baaziz : Que les "petits chefs" cessent de faire plaisir à leurs responsables et nous laissent nous exprimer.

à propos de la jeunesse, il dit : " La jeunesse algérienne n'est pas si mauvaise que certains le croient. Il est normal qu'elle crache sa malvie par des manifestations parfois violentes. Pour qu'elle ne réagisse pas de la sorte, elle doit avoir toute l'attention et l'écoute voulues de la part des pouvoirs publics. Le chômage, la promiscuité du logement familial, la luxure des nouveaux riches sont autant d'agressions subies par un jeune qui se réfugie désormais dans la violence du verbe et la zetla. En fait, je chante tout cela, c'est pourquoi il se reconnaît quelque peu en moi. "

Ce que Baaziz pense du Raï

(âmes sensibles, s'abstenir de lire ce qui suit, moi-même, je ne m'en suis pas encore remis).

Le Raï a traversé des mers et des océans et réussi à faire connaître l'Algérien...

Baaziz : Le raï est devenu un produit de la variété française et ce ne sont pas les "Didi" et "Aïcha" qui me contrediront. Le raï s'essouffle, il n'y a rien de nouveau qui se fait tant c'est une musique barbare. Le rap algérien est en train de le supplanter avant de le noyer définitivement.

Le rap n'est pas non plus un produit authentiquement algérien, mais une musique importée.

Baaziz : Dans ma musique à moi, il y a aussi de la folk, venue des USA, mais le rap, et contrairement au raï, est riche dans le texte. C'est cette stérilité textuelle que je dénonce surtout. Les meilleurs produits algériens vendus dans le monde ne sont pas ceux du raï, mais bien ceux de Dahmane El-Harrachi revisités par Rachid Taha. C'est cela la véritable culture algérienne et non pas les autres prétendus tubes de la chansonnette "française".


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Bosquesonoro (1378 noticias)
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bosquesonoro.blogspot.com
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